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[ITW] Arnaud HUMBERT, Photographe à Dubai

Bonjour Arnaud !

[OBT] Quel regret de ne pas t’avoir connu avant le GPP 2011 de Dubaï. As-tu participé à  cet événement ?

[Arnaud H.] Bonjour Merwen. Je n’ai hélas pas participé au GPP de Dubai, le mois de mars ayant été particulièrement riche en photoshootings pour moi. Des photoshootings assez éclectiques : du suivi de la construction d’une usine thermo-solaire en plein désert d’Abu Dhabi, à la visite d’une usine de traitement d’eau par l’ancien premier ministre Michel Rocard, en passant par des événements variés avec le lancement de la nouvelle Peugeot RCZ ou passant par la dernière exposition du photographe de mode Jean-Marie Perrier.

[OBT] Ce n’est pas trop difficile de photographier aux Emirats Arabes Unis ? Ton âme de reporter n’est pas trop « bridée » ?

Je ne ressens pas de frustrations particulières quant à l’exercice de mon activité photographique aux Emirats en ce qui concerne la partie commerciale, qui reste par nature, très préparée, planifiée et autorisée par les tiers clients. En matière de Fine art,  certaines prises de vue peuvent s’avérer plus délicates que d’autres, mais c’est là que le professionnalisme du photographe s’exerce !! J’y trouve donc plutôt une forme d’exaltation.

[OBT] As-tu une anecdote sur une situation difficile que tu aurais pu rencontrer lors d’une séance photo à Dubaï ?

Je n’ai jamais à proprement parlé rencontré de situations difficiles. La préparation de mes sujets, une bonne connaissance culturelle de mes sujets, ainsi que des limites à ne pas franchir me permettent d’exercer dans une relative harmonie. J’ai en outre une expérience pratique assez conséquente de la photographie dans des environnements géographiques et multiculturelles parfois très difficiles. Je tente donc de rester zen et philosophe.

J’avoue tout de même parfois être irrité par la liberté que prennent certains responsables sécurité lorsqu’ils me voient avec mon appareil à la main, notamment dans des zones où je sais être libre de shooter. Il est alors utile, en ultime recours, de faire preuve de quelque autorité, verbale ou physique (ce que me permet ma taille et ma carrure !!). L’exercice de la photographie est aussi une question d’assertivité, notamment psychologique.

[OBT] Quand et comment as tu commencé la photo ?

J’ai toujours été attiré par le monde des arts et de la culture, et notamment par la photographie. Mais disons que le déclic s’est produit au terme de mes études d’ingénieur, par le biais d’un camarade de promotion lui-même féru d’images fixes.

Mes premiers salaires d’ingénieur pétrolier m’ont permis l’achat d’un Nikon F100 et de quelques optiques. Mes affectations professionnelles m’ont permis de faire mes premiers clichés en Afrique de l’Ouest. J’étais alors responsable des opérations de forage en pleine jungle tropicale.

[OBT] Tu as un profil assez atypique dans le monde de la photo. Diplômé d’HEI et d’un MBA d’HEC ; à 36 ans tu as une certaine expérience professionnelle dans les hautes sphères de certaines compagnies pétrolières. J’imagine que ta décision n’a pas du être facile à prendre ?

Cette décision de m’investir professionnellement dans la photographie s’est imposée d’elle-même, tous les facteurs favorables (personnels, professionnels et financiers) à une telle aventure étant réunis.

Une telle décision n’est pas la résultante d’une volonté de rupture entre une expérience passée et un nouveau challenge. Je l’ai vécu et le vis comme une maturation naturelle et logique de ce que j’ai toujours été. Comme j’aime à le dire, j’ai toujours eu l’impression que j’allais devenir celui que je suis maintenant : un photographe-entrepreneur !

[OBT] Comment ton entourage et ton ex univers professionnel ont t’ils réagi ?

Disons que pour ceux qui me connaissaient vraiment, mon évolution a été perçue comme l’aboutissement d’une cohérence entre ce que je suis et ce que je voulais faire.

Pour les autres,  probablement plus attachés à la notion de zone de confort ou n’ayant pas encore vécu ce cheminement personnel du « devenir ce que l’on est », cela a pu être perçu comme une sorte de trahison par rapport à mes cursus académiques et professionnels originels.

[OBT] Aujourd’hui, ta vie à Dubaï te plait ? Ou as-tu déjà planifié ta prochaine destination ?

Vivre à Dubaï ne représente pas un challenge particulièrement difficile, en comparaison de ce que cela pourrait être dans certains pays voisins. Dubaï est une ville qui, sous ses abords plutôt superficiels, demande à ce qu’on se l’approprie pour en découvrir les aspects authentiques, véritables. J’aime découvrir de nouveaux horizons, et m’immerger dans de nouvelles cultures, lieux et civilisations. Dubaï représente un tremplin pour moi, grâce auquel je désire asseoir mon activité photographique encore 2 ou 3 ans. J’aimerais ensuite étendre mon activité à l’Asie du Sud-Est, notamment à travers le set-up d’une galerie photographique fine art. La Corée du Sud, Shanghai, Hong-Kong ou Singapour me tentent bien.

[OBT] Durant mon séjour à Dubaï, les photographes déjà installés là bas, me confiaient que le pays était plein d’opportunités pour de nouveaux entrants. Tu rejoins leur point de vue ?

Des opportunités oui, des pièges plus encore !

Il convient toujours de confronter l’euphorie des premières opportunités ou rencontres avec la réalité économique et socio-culturelle du pays, au risque de se heurter à bon nombre de déconvenues.

Monter une entreprise dans le domaine artistique et/ou créatif demande peut-être encore plus de rigueur que dans n’importe quel autre domaine….et ce malgré les apparences.

Beaucoup de choses sont possibles, certes, notamment dans le domaine artistique, mais il faut garder en tête que l’après-crise ne confère plus à Dubaï l’attribut d’Eldorado pour expatriés en quête de fortune !!

[OBT] Quelles sont tes 5 photos préférées ?

Photo 1 : photo prise sur le navire école Jeanne d’Arc, dans le canal du Mozambique.

Photo 2 : photo prise sur un site de forage en pleine brousse gabonaise.

Photo 3 : photo prise à la grande mosquée d’Abu Dhabi.

Photo 4 : photo prise lors de la traversée d’une partie du Cachemire indien.

Photo 5 : photo prise au Rajhastan.

J’aime qu’il y aie de l’émotion et de la poésie dans mes clichés. Les limites techniques, je me les impose à moi-même et pas par les livres académiques.

[OBT] J’aime beaucoup l’ambiance de ton reportage à Kamchatka (Sibérie), quel était le but de ce reportage ?

Ce reportage s’est inscrit dans ma volonté de parcourir des territoires encore peu connus, souvent très isolés, toujours très difficiles à arpenter. Le Kamchatka venait seulement d’être ouvert à l’étranger depuis seulement une dizaine d’années. C’est une terre des origines, telle qu’on peut se l’imaginer avoir été à la naissance du monde. Tout fume, tout bouillonne, tout vit.

J’y ai donc trouvé le moyen d’exercer ma créativité et mon esprit d’aventurier baroudeur !

En outre, ce projet a fait l’objet d’une présentation sous forme de diaporama commenté auprès de la Société Volcanologique Européenne.

kamchatka

[OBT] Que détestes-tu le plus dans le domaine de la photo ?

La photographie est avant toute chose une émotion, elle « transpire » la sensibilité de celui qui la prend, et sa perception du monde. La photographie est un art profondément ancré en moi, elle est dans mes « tripes », et je suis particulièrement hermétique (voire irrité) à la perception de la photographie comme une simple technique. La quête de la technique parfaite produit à mon sens des images certes, mais pas des photographies.

Une belle photo, ça ne veut rien dire. Seule une photo dont on arrive à dire qu’elle produit un sentiment, une émotion n’a de réelle signification à mon sens.

[OBT] Enfin, quels conseils donnerais-tu aux salariés d’entreprises ayant un photographe professionnel qui sommeille en eux ?

Garder la passion chevillée en soit, la laisser mûrir en pratiquant la photographie à travers des sujets pour lesquels on se sent foncièrement en accord, qui font écho en soit.

Confronter ensuite sa propre sensibilité à celle d’autres photographes ou artistes, s’intéresser à la vie culturelle et artistique, au monde en général, tant tous les domaines de la vie sont sources de créativité et d’inspiration.

Et puis savoir sentir la façon dont on se sent le mieux vivre cette passion, tant les vecteurs d’expression sont désormais ouverts et multiples, pour pourquoi pas décider de sauter le pas vers le professionnalisme.

Matériel utilisé :

Boitiers reflex argentiques : Nikon F100 et F5.

Boitier argentique moyen-format : Hasselblad 503CW avec grip, posemètre et optique Zeiss 80mm.

Boitiers reflex numériques : Nikon D700 et D3X.

Optiques : Nikkor 24, 50, 85, 24-70 et 70-200mm (f/2.8 constants, voir moins)

Arnaud dans le désert

Liens :

Une autre ITW de l’Oriental

Page de la chaine W9 ayant diffusé un reportage sur Dubaï avec un sujet sur Arnaud

Le site d’Arnaud Humbert

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A lire également :

  1. [GPP 2011] Le Golf Photo Plus de Dubai !

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